Grand Est: terre promise du numérique ?

Actualités et conseils sur les carrières dans le Grand Est
Filière et métiers
Publié le vendredi 26 mai 2017
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Créé en 2006, initialement pour accompagner la transformation digitale des entreprises, le cluster du numérique Rhénatic a depuis évolué, au point de devenir un acteur clé de l’économie régionale.

Lors de sa création, le cluster Rhénatic s’était donné comme mission de fédérer les acteurs alsaciens du numérique pour mieux les identifier. Au fil des ans, le cadre s’est quelque peu élargi, tant d’un point de vue géographique que de celui des objectifs. « Si au départ, Rhénatic avait pour ambition de permettre aux entreprises du bassin de Mulhouse de travailler ensemble sur un même projet et de faire front face aux acteurs parisiens, aujourd’hui, il est clair que nous souhaitons réunir l’ensemble du Grand Est autour de cinq grandes compétences que sont le Big Data, la cybersécurité, le cloud, le Web et le marketing 3.0 et enfin l’internet des objets, explique Jean-Christophe Gay, directeur de Rhénatic. Ces compétences, nous souhaitons les faire reconnaître au delà de notre territoire, tout en allant chercher la transition digitale sur les différents marchés, en accompagnant les entreprises et les grands groupes. »

Aujourd’hui, le cluster représente environ 2 000 emplois, liés notamment aux gros moteurs que sont ES Energies (Electricité de Strasbourg), la Caisse d’Épargne Alsace, Vivalto, ou encore Systancia. Avec une centaine d’adhérents à ce jour, l’effectif moyen oscille plutôt autour de huit à douze personnes par entreprise. « Nous souhaitons atteindre le chiffre de 250 structures adhérentes à l’horizon fin 2018, poursuit Jean-Christophe Gay. La fusion avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne, et leurs compétences en termes de start-ups, va permettre de lui offrir une plus grande visibilité sur le digital. » Des actions très concrètes sont d’ailleurs menées depuis 2016 visant à la détection de projets ou de futures pépites du numérique.

Des objectifs à court terme

Pour accroître le développement des entreprises du secteur, Rhénatic s’est totalement investi en participant, avec le Syntec Numérique, à la création de l’association Numeric’Emploi Grand Est. Objectif affiché : combler les besoins des entreprises « Nous représentons les PME de la région. Nous constatons que ce sont souvent les mêmes profils qui manquent à l’appel, comme c’est le cas pour les Data scientists, par exemple. Face à cette pénurie, Numéric’Emploi travaille avec des établissements qui créent des formations avec un cahier des charges précis. Ici, ce sont donc les entreprises qui dictent les formations à mettre en place. » À ce jour, le constat est simple, les métiers en tension sont ceux qui touchent aux smart cities, à la cybersécurité et aux IT, mais les acteurs du numérique comme Rhénatic restent confiants. « Nous sommes au cœur de l’Europe, et nous avons une carte à jouer en matière d’attractivité. Nous mettons actuellement tout en œuvre pour devenir leader sur l’industrie du futur (voir encadré).  Et nous ambitionnons de devenir un des territoires incontournables dans le domaine de la santé », conclut Jean-Christophe Gay. En effet, en juillet 2016, neuf réseaux thématiques de la French Tech étaient créés dans le Grand Est, parmi lesquels l’IoTManufacturing, dédié à l’internet des objets et à l’industrie du futur, et la HealthTech, réseau consacré à l’innovation dans le domaine de la santé.

Interview

Olivier Catherin
CEO et Co-founder d’Actinvision

Il faudrait des subventions pour créer des Data school

«Nous sommes spécialistes du domaine de la Data, de la récupération des données à leur utilisation. Nous travaillons aussi bien avec la France qu’avec l’international, mais nous sommes confrontés à une forte problématique de recrutement. Aujourd’hui, la Data est un domaine qui fait le buzz et ses spécialistes peuvent être recrutés pour des salaires exorbitants. Cela crée une bulle spéculative. Nous sommes soit face à des profils junior aux prétentions salariales trop élevées, soit face à des seniors dont les prétentions sont moindres, mais qui n’ont pas les compétences nécessaires ou plus l’envie de les exploiter. Face à cela, nous nous battons pour recruter le plus efficacement possible. Les canaux traditionnels ne fonctionnent plus sur ce type de poste, donc nous travaillons sur les réseaux et communautés auxquels nous appartenons. On intervient aussi dans les écoles pour aller y chercher les talents, on organise des sessions de formations gratuites pour tenter d’éveiller les vocations et enfin, nous nous sommes associés au Syntec Numérique pour créer une formation Data Scientist. Tout cela n’est pas suffisant et nécessite un investissement financier et humain trop important. Il faudrait, comme cela se fait ailleurs dans le monde, des subventions pour créer des Data school dans lesquelles, pendant six mois, des personnes sont formées de manière intensive. Ce serait sans doute la solution la plus efficace pour alimenter le marché. Aujourd’hui, nous recrutons 5 à 6 personnes : nos métiers ne connaissent pas la crise du chômage. »

L’INDUSTRIE DU FUTUR EN QUESTION

« Favoriser et accélérer la constitution et la consolidation d’écosystèmes qui servent les enjeux des grandes filières industrielles ». Telle est la vocation du Salon Industries du Futur, organisé les 14 et 15 juin à Mulhouse. Porté, entre autres, par le cluster Rhénatic, l’événement n’a pas été créé dans le Grand Est par hasard : « Nous avons ici une histoire industrielle que nous devons prendre en compte et nous nous devons de relancer les compétences dans ce secteur encore en pleine mutation », confirme le directeur de Rhénatic. Réunissant des acteurs français, allemands et suisses (grands groupes, ETI, PME, établissements de recherche, start-ups, etc.), Industries du Futur se veut le relais de la 4e révolution industrielle en cours et abordent des sujets majeurs, comme la modernisation de l’outil de travail, le bouleversement de la chaîne de valeurs et des modèles de production, ainsi que leur impact sur le business model. Dans cette même dynamique, Rhénatic met en place d’autres manifestations destinées à faire bouger les lignes, comme des hackathons, des « workshops immersion 4.0 » ou encore le salon Sireen, dédié aux professionnels, et dont la première édition, en octobre 2017, consistera en un parcours de démonstrations de solutions numériques.

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